
Psychologue pour adolescents à Nice
L’adolescence ne se traverse jamais tout à fait comme on l’avait prévu. C’est un âge où tout
s’accélère et se transforme en même temps : le corps, les émotions, les liens, le regard porté sur
soi et sur le monde. Le jeune cherche à devenir lui-même, à gagner en autonomie, à trouver sa
place — et ce mouvement, aussi nécessaire soit-il, ne se fait pas sans heurts.
Cette période peut être riche en découvertes et en élans nouveaux. Elle peut aussi être traversée
par le doute, le sentiment de décalage ou une souffrance, d’autant plus difficile à porter qu’elle est
parfois difficile à nommer. Les adolescents grandissent aujourd’hui dans un monde où le regard
des autres occupe une place considérable : les amitiés, les premières relations, l’école, les réseaux
sociaux, le besoin d’appartenance ou la peur de l’exclusion deviennent autant de sources
d’épanouissement que de vulnérabilité.
Se sentir différent, incompris ou en décalage peut profondément affecter l’image que l’on a de
soi. Ce mal-être emprunte des voies très diverses — l’anxiété, le repli, la perte de confiance, les
troubles du sommeil, une motivation qui s’effondre, des émotions qui débordent, parfois des
conduites à risque. Certains d’entre eux présentent également des difficultés attentionnelles, une
impulsivité marquée, une agitation intérieure importante ou un fonctionnement qui fragilise la
scolarité, les relations et l’estime de soi. Il n’est pas rare qu’un événement précis vienne
bouleverser un équilibre déjà incertain : une séparation, un deuil, une maladie, un conflit familial,
une agression, du harcèlement. Derrière ces manifestations très diverses, on retrouve souvent une
même difficulté à contenir, comprendre ou traduire son monde intérieur.
Mon travail auprès des adolescents s’est notamment développé en protection judiciaire de la
jeunesse, auprès de jeunes en grande difficulté, parfois en rupture, souvent en conflit avec le
cadre et avec eux-mêmes. J’y ai appris que derrière les colères, les silences, les oppositions ou les
retraits, il y a presque toujours des émotions difficiles à comprendre — et plus encore à exprimer.
Lorsqu’il souffre, il ne demande pas toujours de l’aide et peut mettre tout en œuvre pour montrer qu’il n’en a pas besoin.
Je lui propose un espace à part, protégé du regard des autres, où il peut déposer ce qu’il traverse,
mettre un peu d’ordre dans ce qui l’agite et se sentir moins seul face à ce qu’il vit.
Si un événement marquant, une relation difficile ou un vécu traumatique continue d’imprimer sa
trace dans le présent, l’EMDR peut aider l’adolescent à s’en dégager plus durablement.
Parce que l’adolescence concerne aussi toute la famille, une place peut être faite aux parents
lorsque cela s’avère nécessaire. Il arrive que les incompréhensions s’accumulent, que les tensions
prennent le dessus, que le dialogue semble rompu et que chacun ait le sentiment de ne plus
parvenir à se faire entendre. Les consultations peuvent alors devenir un espace pour restaurer la
communication, apaiser les relations et aider chacun à retrouver sa place.
Il n’existe pas de mode d’emploi pour traverser cette période mais personne n’est obligé de le faire seul.