
Psychologue pour enfants à Nice
Voir son enfant aller mal est une épreuve à part entière. Non parce que la souffrance de l’enfant serait plus grave que celle de l’adulte mais, parce qu’elle touche quelque chose d’essentiel chez le parent : le sentiment de ne pas savoir, de ne pas comprendre, parfois de ne pas pouvoir protéger. Chaque enfant arrive avec sa propre histoire, sa manière singulière d’appréhender le monde, ses ressources et ses fragilités. Une anxiété envahissante, des troubles du sommeil, une agitation qui déborde ou un repli soudain ne surgissent jamais par hasard : ils parlent d’un vécu émotionnel, d’une histoire, d’un contexte relationnel ou d’un événement qui a laissé sa marque.
Avant de chercher à faire disparaître ce qui inquiète, il me semble essentiel de comprendre ce que l’enfant traverse.
Mon expérience auprès des enfants s’est forgée dans des contextes variés et souvent complexes — l’aide sociale à l’enfance, la protection judiciaire de la jeunesse, les visites médiatisées — là où les souffrances sont souvent anciennes, où le lien entre un enfant et ses figures d’attachement est parfois profondément fragilisé. Ces années m’ont appris à être attentive à ce qui s’exprime autrement que par les mots, à ce qui se joue dans le corps, dans le jeu, dans le dessin et dans la relation — et à ne jamais séparer l’enfant de ce qui le constitue.
Les motifs de consultation sont divers : difficultés émotionnelles, comportementales ou relationnelles, troubles du sommeil, anxiété, phobies, manque de confiance en soi, impulsivité, difficultés attentionnelles évocatrices d’un TDAH ou répercussions d’un événement douloureux — séparation parentale, deuil, maladie, hospitalisation, vécu traumatique. Ces difficultés peuvent retentir sur la vie familiale, la scolarité, les apprentissages, les relations aux autres ou l’estime de soi. Chaque situation est évaluée dans sa singularité, en tenant compte de l’enfant, de son développement, de sa scolarité et de l’environnement familial dans lequel il grandit.
Lorsqu’un vécu laisse une trace durable, l’EMDR peut être proposé très tôt, y compris chez le bébé ou le très jeune enfant. À cet âge, ce qui a été éprouvé ne passe pas par les mots mais s’inscrit souvent dans le sommeil, le corps, le comportement ou la relation aux proches. Il s’agit alors d’aider l’enfant à s’apaiser suffisamment pour ne pas rester prisonnier de ce qu’il a traversé.
Chez les petits, le travail thérapeutique se pense rarement sans les parents, ou référents, tant ce qui l’aide à aller mieux se joue aussi dans la relation, dans le quotidien et dans la sécurité que son entourage peut lui offrir. Lorsqu’il présente des difficultés de régulation émotionnelle, d’attention, d’impulsivité ou d’agitation, il est souvent précieux de les associer afin de mieux comprendre son fonctionnement.
Le premier rendez-vous permet d’échanger avec tous avant de recevoir l’enfant dans un espace qui lui est propre, où la parole, le jeu, le dessin ou d’autres médiations deviennent autant de langages possibles.
Il n’est pas nécessaire d’attendre que la situation devienne préoccupante pour consulter.
Parfois, ce qui amène à pousser la porte, c’est simplement le sentiment que quelque chose a changé et que ce quelque chose mérite attention.